Récits de naissance

La naissance d’Elliot, le 23 juillet 2015

30 juin 2016

Mercredi 22 juillet, 38 semaines et 4 jours.

Je me rends pleine d’espoir chez mon chiro. Après quelques manœuvres et craquements, il me mentionne que je vais être capable de bien dormir et que c’est demain que ça se passe. Vraiment? Bien hâte de voir ça.

Jeudi 23 juillet, 38 semaines et 5 jours.

Je me lève vers 6 h, comme d’habitude. Fébrile, je me demande si c’est aujourd’hui le grand jour. Pour l’instant, rien à l’horizon. Vers 7 h 30, alors que mon chum se prépare pour aller travailler, je ressens quelques contractions. Cette fois-ci, je sais que ce ne sont pas des fausses. Le travail débute enfin. Je ne l’alarme pas dans l’immédiat et le laisse quitter pour le travail. Vers 9 h, je saute dans la douche. Préparation du corps pour l’accouchement, c’est certain que le médecin va se soucier de mes poils, hein? C’est alors que les contractions commencent à être un brin plus fréquentes. Je me sèche les cheveux et je dois reprendre mon souffle entre deux coups de brosse. Cette idée aussi de m’aplatir les cheveux!

11 h. J’écris à mon chum qu’il ne risque pas de terminer sa journée de travail et que c’est aujourd’hui que bébé arrive. Il ne semble pas y croire. Je décide d’appeler à la maternité. Naturellement, on me fait mention que je ne souffre pas assez (yeah right). J’ai, à ce moment, des contractions espacées de 6 à 8 minutes. On me conseille de prendre un bain, ce que je tente de faire : pire chose ever. Je suis incapable d’y rester, une vraie torture. Et puis vous essaierez, vous, de sortir du bain, seule et avec des contractions! Je me couche ensuite dans mon lit et, vers midi, je commence à calculer mes contractions. Deux heures de temps. Impossible de me reposer.

14 h. Contractions plus que régulières, douloureuses et à intervalle de moins de 5 minutes. J’écris de nouveau à l’homme que je n’en peux plus et qu’il doit venir à la maison. Là, maintenant. J’ai mal debout, couchée et sur mon ballon. La seule façon de me soulager, c’est de marcher. Pour marcher, j’en ai marché un coup! J’avais beau être détendue, ma zénitude prenait le bord une fois de temps en temps.

14 h 40. Il arrive enfin. Je tourne en rond dans l’appartement. Il me masse un peu le dos. Il ne sait pas trop quoi faire, en fait! Il commence à paniquer un peu, le futur papa.

Lucie Bataille Montreal accompagnante naissance 0315 h. Je téléphone à la maternité. Changement de shift, on me demande de rappeler. Rappeler? La personne au bout du fil me demande mon numéro en précisant qu’une infirmière va me rappeler le plus rapidement possible. Au diable le retour d’appel, je vais accoucher chez nous si ça continue. Nous appelons un taxi, direction l’hôpital.

15 h 25. On arrive enfin à l’hôpital. Le trajet a vraiment été pénible. J’ai résisté à l’envie de hurler à chaque nid de poule! J’arrive dans le hall d’entrée et je décide de m’asseoir sur un banc. Je meurs de faim, vraiment. Je n’ai mangé que deux toasts à 7 h 30. Je tente de me nourrir, rien n’entre. Je téléphone alors à ma mère en pleurant à chaudes larmes. Si le 23 juillet 2015 vers 15 h 25, vous avez vu une fille pleurer comme une Madeleine dans l’entrée de l’hôpital St-Luc, c’était moi. Ma maman m’encourage et est triste de ne pas pouvoir se déplacer plus rapidement, mon père étant à la pêche.

15 h 40. Admission officielle. Dilatée à 6 cm. L’infirmière me félicite du travail que j’ai fait à la maison. Je suis transférée dans la chambre d’accouchement. Elle me demande comment je souhaite me soulager, je lui réponds que je ne veux rien à part un ballon. Elle me l’apporte et me laisse seule avec mon conjoint.

À partir de ce moment, le temps passe très vite.

J’ai mal. Je marche beaucoup. Je refuse le bain parce qu’anyway, j’ai souffert plus qu’autre chose quand j’y étais tantôt. Mon chum est sur son cellulaire, je lui demande d’arrêter de pitonner et de me soutenir un peu (en fait, j’ai hurlé quelque chose comme « vas-tu lâcher ton téléphone, j’en peux plus! »). Je crois que j’ai failli arracher le lavabo de la chambre à chaque contraction.

Plus tard, je me couche dans le lit même si je n’y suis pas bien. Mon chum et moi jasons calmement. Une grosse contraction passe et splash!, je perds mes eaux. Yerk! Mon chum panique un peu, il part chercher l’infirmière. Disons qu’à partir de ce moment, on perd le restant de pudeur qu’il nous restait. Elle me nettoie et installe une serviette dans ma culotte après un nouvel examen. Dilatée à 8!

Je continue à marcher. Que dire des contractions? Je vais fendre en deux! J’ai toujours aussi mal, sinon plus. Ça déboule encore plus vite. Je commence à devenir un peu hystérique, je crie que ça brûle. Ça brûle en chien! J’ai maintenant envie de pousser à chaque contraction. On parle d’instinct, quand on sait vraiment que c’est le moment de pousser. Je suis certaine que j’ai senti bébé descendre. On appelle l’infirmière.

Lucie Bataille Montreal accompagnante naissance 04Celle-ci arrive et me demande de ne pas pousser. Hey fille, plus facile à dire qu’à faire! On attend que le médecin arrive pour examiner de nouveau mon col : bébé arrive genre là, là. C’est le temps de pousser. Début du travail d’équipe : mon amoureux me tient une jambe, l’infirmière l’autre et je commence à pousser.

Sérieusement, c’est vraiment moins pire de ce que je pensais. Ça fait mal, mais je suis tellement sur l’adrénaline et j’ai tellement hâte de voir mon bébé que je passe par dessus la douleur. Je pousse, je donne mon maximum. Après deux poussées, le médecin m’invite à toucher les cheveux de bébé. Je suis épuisée et j’ai besoin d’encouragement. Je n’en reviens pas, mon fils avec plein de cheveux! Hop, il ne manque qu’une grosse poussée! La tête sort et le reste suit rapidement. Wow! 20 minutes seulement. Je n’en reviens toujours pas.

Ce petit être.

Mon bébé. Tout propre à sa sortie, que je regarde passionnément. Il est grand, dodu et a des cheveux. Il a ses morceaux à la bonne place. Je pleure de joie. Je suis épuisée. Mon chum pleure aussi. Il s’était promis de dire des blagues, mais finalement, il est tellement émerveillé qu’il est sans mot. Il le trouve beau. Le médecin lui demande de couper le cordon, il n’est pas certain, mais il le fait. Fierté de papa!

 Michelle, maman d’Elliot, 11 mois.

Crédit photos : Lucie Bataille Photographie

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2 commentaires

  • Reply Emilie DB 4 juillet 2016 at 14:34

    En tant que future maman, j’apprécie vraiment les récits de naissance que tu publies Lucie. Et tout ton blogue en fait!

    • Reply Lucie Bataille 12 juillet 2016 at 08:12

      Oooh, quelle belle nouvelle tu m’apprends, Émilie! Félicitations! Bien contente que mon blogue te soit utile. Pour quand est prévue l’arrivée de bébé?

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