Récits de naissance

La naissance d’Aurel, le 21 décembre 2015

31 mai 2016

Avant d’avoir accouché, j’avais l’impression que celles qui disaient avoir eu un bel accouchement avaient aussi eu la chance de ne pas souffrir. Naïve? Peut-être un peu… L’histoire de la naissance de mon enfant en est une belle, une rapide, mais avec sa part de douleur.

20 décembre, 37 semaines et 1 jour.

Le soir du 20 décembre, ne me sentant pas très bien, je décide de prendre un bain chaud avant d’aller me coucher. Après quelques minutes, je me rends à l’évidence : je ne pourrai pas dormir. Je ne suis pas bien. Puis, je réalise que mon malaise vient par vague. Je demande à Ti-Gars, mon amoureux, de noter l’heure, 10 minutes entre chacune. Lorsque je vais à la toilette, il y a du sang. Incertaine de ce qu’il se passe, je décide d’appeler Lucie Bataille, notre accompagnante à la naissance. Cette dernière me confirme que l’Ananas est probablement sur le point de se montrer le bout du nez. En lui parlant, elle constate que les contractions ne sont plus rapprochées de 10 minutes, mais bien de 5 minutes!

Comme le travail semble progresser rapidement et que je devais être sous antibiotique 6 heures avant les poussées, nous convenons donc qu’il est temps de quitter et de nous rejoindre à l’hôpital. Nous bouclons rapidement la valise et filons. Le temps de partir, je suis au 3 minutes et une heure à peine s’est écoulée depuis que j’ai réalisé que j’avais des contractions. La douleur est encore tout à fait supportable et je me plais à croire que ça continuera ainsi. Je ne comprends pas encore pourquoi tout le monde fait tout un plat avec les douleurs de l’accouchement. Je vous ai dit que je suis un peu naïve?

La fin du trajet est franchement inconfortable, être assise est désagréable. Pour marcher jusqu’au département des naissances, je m’agenouille en m’appuyant sur un banc ou je me place en position de l’enfant comme au yoga. Positions que j’adopterai tout au long du travail. Lorsque j’annonce à l’admission que je m’en viens accoucher, je ne suis pas prise très au sérieux. Je suis à 37 semaines, j’ai des contractions depuis une heure et c’est un premier bébé!

Pourtant, l’intensité et la fréquence des contractions augmentent rapidement.

Le personnel hospitalier nous dirige vers une pièce transitoire, histoire de voir ce qu’il se passe réellement. Notre  super doula nous rejoint. Une infirmière vient installer le moniteur, mais être couchée sur le dos est tout simplement insupportable! À chaque contraction, je me lance en bas de la table pour me mettre à genoux. Lucie et Ti-Gars me font des points de pression sur la main et au bas du dos. Je ne leur ai pas dit à ce moment-là, mais seuls les points faits sur la main sont efficaces pour me détourner de la grande douleur. Ceux faits au bas du dos m’apportent du réconfort, je sens qu’on s’occupe de moi, que je ne suis pas seule.

Comme il y a peu d’informations sur le moniteur, une infirmière me propose de me placer à quatre pattes, position qui me convient mieux que sur le dos! Et là, je crève les eaux! Un ballon qui éclate à l’intérieur de moi! Je me mets à vomir et je ressens le besoin pressant d’aller aux toilettes me vider. Tout semble arriver en même temps. Je pense que les contractions devaient être aux minutes.

Lucie Bataille Photographe doula Montreal 02J’ai à peine le temps de reprendre mon souffle qu’une nouvelle arrive et l’intensité est… intense! Je commence à réaliser que ce sera plus difficile que ce que je croyais. Installer l’intraveineuse pour l’antibiotique m’a semblé une éternité. Pendant ce temps, je suis accroupie sur le lit et mes helpers me font toujours des points de pression. Ti-Gars me raconte des blagues pour me détendre et encourager la sécrétion d’endorphines. Il remporte peu de succès, mais ses efforts sont appréciés.

L’infirmière insiste pour que je fasse mes respirations comme elle s’obstine à me le montrer. Mais il me semblait plus difficile de respirer efficacement, alors… je chignais. Encore une fois, désolée Rémi et Lucie, ce devait être fort désagréable! J’avais l’impression que lorsque je respirais comme l’infirmière le souhaitait, mon corps s’ouvrait de l’intérieur encore plus rapidement. Pas top comme sensation…

Je répète certaines pensées positives… avec sarcasme!

« Chaque contraction me rapproche de mon bébé » n’a étonnamment pas l’effet de m’encourager. Mère ingrate! Je m’en fous un peu, je veux juste que ça cesse! « Ça va finir par finir » ou encore « Celle-là ne reviendra plus » me font plus de bien. L’infirmière me propose le bain thérapeutique, en me vendant l’idée que j’y serai tellement bien et que ça me soulagera. Bon. Mettons les choses au clair! Je m’attendais à ne presque plus sentir mes contractions, comme par magie. Vous vous en doutez, ce n’était pas le cas. Naïve, je vous ai dit! Cependant, il est vrai que ça fait du bien.

Pendant ce temps, Lucie et Ti-Gars me font toujours des points de pression. Puis, la sensation que ça pousse dans mes fesses et dans mon vagin décuple. J’annonce que je veux la péridurale. Je n’en peux plus et j’ai peur de ne pas être capable de pousser si la douleur continue d’escalader. Je dois donc sortir de la baignoire. Le choc en sortant! Je me souviens des contractions en marchant jusqu’à la chambre comme des plus difficiles à supporter. Lucie me rappelle ce dont nous avons discuté lors des rencontres prénatales; les poussées nous soulagent! De toute façon, il est trop tard pour la péridurale, il est temps de pousser. Difficile à croire, mais c’est vrai! La poussée fait du bien!

Lucie Bataille Photographe doula Montreal 03Ti-Gars m’avait toujours dit, et ce avant même que je sois enceinte, qu’il trouvait l’époque où les papas attendaient entre eux en fumant un cigare était bien parfaite. En gros, il ne souhaitait pas être présent pour les poussées. Notre entourage croyait qu’il changerait d’avis le moment venu, mais je savais que non. C’était son choix et j’ai décidé de ne pas le forcer. Ça ne m’a pas manqué, le plus dur était passé. Oui, oui! C’est devenu une affaire de femmes, il y avait la médecin, deux infirmières et mon accompagnante qui étaient là pour me supporter. À l’ancienne, quoi!

Puisque je n’étais pas sous péridurale, j’ai pu pousser comme je le désirais et, juste pour ça, je suis tellemeeent contente qu’il ait été trop tard! J’ai d’abord poussé quelques fois à quatre pattes. Puis à la demande de la médecin, une infirmière m’a dépoussiéré (c’est vraiment le terme employé par la médecin!) le banc de naissance. J’avais un miroir placé en dessous, je voyais donc, à chaque poussée, la tête de mon bébé qui progressait et j’aimais ça! Tant qu’à vivre un accouchement, aussi bien comprendre ce qu’il se passe! Juste avant que la tête sorte, je suis descendue du banc pour me retrouver simili assise. Une fois la tête passée, la médecin m’a laissé faire le reste.

C’est MOI qui l’ai sorti de là!

Mon fils! La joie de découvrir son sexe, le bonheur de le tenir dans mes bras et la fierté d’être celle qui l’a accueilli. Deux heures de travail actif, 40 minutes de poussées, un petit point pour que j’aie encore des amies. Un très bel accouchement, même si pendant que ça se passait, je ne le croyais pas!

— Andréanne, maman d’Aurel, 5 mois.

Crédit photos : Lucie Bataille Photographie

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