Accouchement, Bébé, Grossesse, Naissance

24 heures dans ma vie de doula photographe

22 mars 2016
Lucie Bataille doula photographe Montréal

Mes journées de doula photographe se suivent, mais ne se ressemblent pas. Parfois, deux naissances ont lieu en l’espace de trois jours, d’autres fois, deux semaines passent sans recevoir d’appel de mes mamans-bedaines. Ce rythme imprévisible est exigeant, mais revêt un petit côté excitant qui me fait carburer aux émotions fortes. Voici un aperçu de ma vie de doula photographe.

24 heures dans ma vie de doula photographe

7 h 45 — Les bruits de l’amoureux qui se lève et se prépare pour sa journée de travail me tirent doucement du sommeil. Un rapide coup d’œil à mon téléphone me confirme qu’aucune cliente n’a accouché cette nuit. Je somnole encore un peu et me lève à mon tour, un café préparé avec amour m’attend à la cuisine.

Lucie Bataille doula photographe Montréal9 h — Je suis prête pour ma journée de travail que je commence par la consultation de mes courriels. Deux messages retiennent mon attention, auxquels je réponds sur-le-champ :
– Une potentielle cliente a entendu parler de moi et aimerait planifier une rencontre d’approche. C’est sa première grossesse et elle souhaite se préparer au mieux pour accueillir son petit être.
– Une cliente me donne des nouvelles de ses varices vulvaires. La séance d’acupuncture de la semaine dernière a aidé à réduire son inconfort. Je suis bien heureuse pour elle. Mon métier est glamour, je sais!

9 h 27 — Direction mon café préféré pour terminer un article commencé la veille et l’éditer sur mon blogue.

12 h 13 — Je prends un lunch rapido puis je file à l’herboristerie pour renouveler un mélange de bain de siège que j’offrirai à mes clientes qui accouchent bientôt. Un détour à la banque et hop, me voici de retour à la maison.

Lucie Bataille doula photographe Montréal14 h 02 — J’enfile mes souliers de course et je pars trottiner dans les rues de mon quartier pour une trentaine de minutes. Le printemps revient, mon enthousiasme pour la course aussi. Ça tombe bien, parce que j’en avais grandement besoin pour m’aérer l’esprit. Au retour, j’ai le temps de prendre un bain en bouquinant un livre sur la périnatalité.

15 h 47 — Je termine les retouches photo d’une session de maternité réalisée la semaine dernière. C’est du bonheur 5 étoiles d’avoir la chance de remplir ma caméra de photos avec des photos de bedons qui portent la vie.

16 h 33 — Je fais quelques recherches pour mon prochain article de blogue. J’hésite encore entre deux sujets. Tiens, si je demandais aux abonnés de ma page Facebook de choisir à ma place?

16 h 50 — Je me prépare à partir pour une rencontre prénatale. Ce soir, avec ce couple dont l’arrivée de bébé est prévue dans un peu plus d’un mois, nous parlerons entre autres des différentes phases de l’accouchement, de l’éventail d’outils disponibles pour apprivoiser la douleur et des différentes manières dont papa peut s’impliquer tout au long de l’accouchement.

20 h 32 — De retour à la maison, je mets les pieds sous la table. C’est mon amoureux qui a préparé le repas pendant mon absence. Entre deux bouchées, je lui demande s’il sait combien de centimètres sont nécessaires pour qu’un col de l’utérus soit complètement dilaté. Il me répond : « 18…? » à la blague et je manque de m’étouffer. Nous n’avons pas encore d’enfant, alors certaines notions de l’accouchement sont encore floues pour lui, bien qu’à force de m’écouter, il sait ce qu’est un AVAC, que la stimulation des mamelons peut être efficace pour déclencher un accouchement et il n’est pas étonné de voir des balles de tennis et des peignes dans mon sac de doula.

21 h 12 — Avant de m’installer avec une tisane et du chocolat devant le dernier épisode de notre série du moment, je m’assure que mon téléphone n’est pas très loin et que la sonnerie est toujours activée.

22 h 30 — C’est l’heure du dodo pour moi, ma journée est terminée. Ou pas… Je sens que mon téléphone, déposé sur la table de nuit, me réveillera peut-être au milieu de la nuit pour m’annoncer une nouvelle.

0 h 17 — Mon intuition est bonne! Une cliente m’appelle pour m’informer qu’elle vient de ressentir une série de contractions, mais qu’elles sont encore supportables. Je lui conseille de se reposer, de prendre un bain si les contractions reviennent et de me rappeler lorsque le travail se sera intensifié. J’essaie de me rendormir et d’accumuler un peu de sommeil, même si j’ai l’impression que ce ne sera pas pour bien longtemps.

2 h 23 — Ma cliente me rappelle pour me dire qu’elle vient d’arriver à l’hôpital Bec à l’amoureux endormi, flatte-flatte au chat et me voici en route pour l’hôpital. Son col est dilaté à 5 cm. Oupelaïlle, ça va vite!

2 h 47 — Je la retrouve sur le ballon, son amoureux est en train de lui masser le dos. On l’encourage avec de belles paroles et, par moment, on respire avec elle quand on sent qu’elle perd pied pendant les contractions. J’effectue quelques points de pression et je lui propose de lui faire couler un bain. Pendant tout le temps de son accouchement, je suis à ses côtés pour la soutenir et répondre à ses besoins.

7 h 02 — Un petit bébé vient de naître devant mes yeux. J’essuie une larme inévitable et je prends quelques photos pour leur offrir un souvenir des premiers instants de vie de bébé. À ce moment précis, je suis une doula photographe comblée.

Lucie Bataille doula photographe Montréal9 h 14 — C’est l’heure pour moi de laisser cette famille faire connaissance et se reposer dans son petit cocon. Je les quitte en les invitant à me donner des nouvelles d’eux. Il est prévu de nous revoir pour une rencontre postnatale dans quelques jours ou quelques semaines, selon leurs besoins.

9 h 36 — Retour à la maison. En passant devant la boite aux lettres, je remarque que du courrier m’attend. Petit plaisir que de recevoir un faire-part d’une naissance que j’ai accompagnée il y a quelques mois. Alors que le jour se lève, je retrouve mon pyjama et les bras de mon amoureux encore au lit, car il est en congé aujourd’hui.

Lucie Bataille doula photographe MontréalBien que mon métro-boulot-dodo à moi ne soit pas le même d’une journée à l’autre, c’est à ça qu’il ressemble dans mes journées les plus occupées. Mon amoureux ne prépare pas toujours le souper et mes clientes n’accouchent pas toujours en si peu de temps, mais je n’échangerais mon métier pour rien au monde. Ainsi va la vie de doula photographe!

Crédit photos : Lucie Bataille Photographie

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4 commentaires

  • Reply GR 23 mars 2016 at 18:16

    J’aimerai que mon homme me fasse la cuisine :(

    • Reply luciebataille 24 mars 2016 at 13:16

      Je suis pas mal certaine que le tien te masse sans que tu aies à le supplier! ;-)

  • Reply Etolane 7 juin 2016 at 18:46

    Ah! J’ai adoré lire ce récit/photos. J’avoue que je trouve fascinant l’art d’accoucher les bébés et accompagner tes heures en cette lecture m’a transportée en une autre dimension que la mienne. Merci pour le voyage mental :)

    • Reply Lucie Bataille 5 août 2016 at 18:02

      Oh la la, je suis désolée pour le délai de ma réponse! Avec le tourbillon des vacances, j’ai manqué de discipline sur mes suivis.
      Heureuse que ce voyage t’ait plu, je me trouve très chanceuse d’exercer ce métier. Beaucoup d’émotions à chaque naissance! :-)

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